C’était il y a un an. C’était hier.

2 Mai

Il y a aujourd’hui pile un an, on me transférait deux petits J2 vitrifiés.

L’un d’eux allait devenir Le Bolu.

Tous les jours, je dis à mon bébé que je l’aime.

Je n’oublie jamais de lui dire que je suis heureuse qu’il soit là quand je vais le lever le matin.

Je ne lui dis jamais « à demain », mais toujours « à toute à l’heure » quand je vais le coucher. Parce que je sais que, parfois, demain a le goût du jamais.

Tous les jours, je le sens, je le serre, je le câline et j’apaise ses gros chagrins (et il en a beaucoup, des gros chagrins, le Bolu).

Tous les jours, je lui dit ma fierté qu’il soit mon fils. Tous les jours, je lui dis sa beauté et sa force, tous les jours, je lui dis ma joie de l’avoir près de nous.

Aujourd’hui comme hier, je lui ai redis tout cela. Mais aujourd’hui, ça avait une saveur particulière.

Il y a aujourd’hui pile un an, le Bolu rejoignait mon utérus après un passage dans l’azote. J’ai l’impression que c’était hier.

Dire qu’il a eu 4 mois avant-hier.

Courage à toutes et à tous, il y a encore l’espoir de vaincre, il a toujours la rage d’y croire.

LOL (ou La grande débilité)

8 Fév

Je pensais avoir touché le fin fond de la débilité en fin de grossesse, mais non. Y’a toujours plus profond que le fond du fond.

Y’a deux jours de ça, observant de vagues glaires transparentes dans le fond de ma culotte, je n’ai pu m’empêcher de me dire :

« Tiens, j’ovule. »

Oué, tu peux le dire, j’en tiens une bonne couche… On ne met pas comme ça de côté 3 ans intensifs de sondage de glaire cervicale.

Sachant que le Bolu est allaité à 100% et que ça ne fait même pas 6 semaines que j’ai mis bas, on se demande bien ce que viendrait foutre là une quelconque ovulation.

Et quand bien même j’ovulerais, on ignore encore à quoi ça pourrait me servir.

Et sinon, dans la catégorie « Grande débilité », sauf que celle-là, elle n’est pas Pmesque, j’aimerais appeler à la barre Ma Mère qui, ayant appris il n’y a que quelques jours que le Bolu était un rescapé du congélo, a eu le cran de me sortir :

« Oh bah dis, ça vaut le coup de décongeler le dernier ! »

Ben oué, c’est tellement lolilol, un protocole de transfert, surtout que j’ai la chance supplémentaire d’y accoler un traitement anticoagulant. Tu parles que ça le veut, le coup.

En même temps, pourquoi décongèlerai-je la Bocette, pisque j’ovule, hein, dis, pourquoi ?

Avant le dimanche, à cette heure-ci, y’avait Vidéogag. Maintenant, y’a cet article.

PS : je viens enfin d’installer l’appli WordPress sur mon iPomme. Je devrais donc pouvoir refaire surface.

Te dire la taille de mon bonheur.

14 Jan

Cela fait quelques jours que je cherche les mots pour te dire à quel point je mesure ma chance et à quel point je suis heureuse. Mais je dois manquer de vocabulaire, ou bien le manque de sommeil m’a définitivement ôté toute réflexion… je ne sais pas. Après des années de tristesse et de manque et de souffrances mis à plat ici, c’est comme si les mots simples du bonheur m’échappaient, comme si je n’étais devenue douée que pour me plaindre et râler et incapable de décrire le caractère merveilleux de ce que je vis. En avoir autant chié et ne pas être capable de te faire savoir ma joie toute nouvelle, avoue que c’est quand même ballot… À la limite, il me semblerait plus naturel de te raconter mon si long accouchement, mon séjour tout pourri à la maternité et comment je me suis frittée avec les sage-femmes lors que le Bolu n’avait même pas 24 heures… Mais avant d’être pragmatique, il faut que je te dise la taille de mon bonheur.

Mon fils a aujourd’hui 2 semaines. Deux semaines que je l’ai près de moi, deux semaines que je peux enfouir mon nez dans son cou quand je veux, deux semaines que je le respire, que je le contemple, que je serre sur mon cœur, que je ne dors plus, que j’ai les mains pleines de caca bouton d’or, que j’ai un nichon perpétuellement à l’air.

Mon fils a aujourd’hui deux semaines. Deux semaines que je suis stupéfaite de sa force, de sa résistance, de son envie de vivre, de sa magie, de son côté extraordinaire. Comment avons-nous pu fabriquer un si joli bébé, comment un si tout petit être a-t-il pu résister à autant d’épreuves ? Comment a-t-il pu s’accrocher si fort à mon corps et s’en sortir avec autant de courage et de force ? Comment est-ce possible ? Je suis profondément non-croyante, je suis fâchée avec tous les dieux quelque soit leur nom, mais, pourtant, j’ai le sentiment d’avoir un miracle auprès de moi.

Alors certes, c’est un miracle qui me tient éveiller 22 heures sur 24, c’est un miracle qui braille comme un petit goret quand il a les fesses à l’air, un miracle qui me nique le sein gauche (pas le droit) (le droit, il sait bien le téter), un miracle qui me pompe toute mon énergie…

Mais il est surtout un miracle qui a littéralement fait exploser mon coeur, l’a déchiré en mille morceaux pour en faire des confettis et qui les pulvérise chaque heure sur ma vie. Je ne savais pas que l’on pouvait autant aimer. Bien sûr, j’ai déjà aimé. J’aime encore. J’aime mon mari, même si. J’aime ma nièce, j’aime mes plus proches, j’aime mes ami(e)s et j’apprécie bien entendu les autres. Mais cet amour-là, c’est tout autre chose. C’est une force et ce sera sans doute ma plus grande faiblesse. J’ai compris dans ma chair que l’on pouvait être prêt à tuer pour son enfant. J’ai compris dans mon cœur qu’il en serait le roi. Je sais au fond de moi que c’est lui, parce que c’est moi, parce que c’est le Bô-mec.

J’ai longtemps dit que ça changerait tout mais que ça ne changerait rien.

Cela fait aujourd’hui deux semaines que ça a tout changé. Plus rien ne sera jamais comme avant.

(la prochaine fois, on arrêtera les niaiseries et je te raconterai comment mon épisiotomie a sauté) (j’ai très mal)

 

2014, cuvée Bolu.

1 Jan

Mon petit, mon tout petit, est né ce jour en fin d’après-midi.

Le vêlage a duré 34 heures dont 24 de déclenchement. J’ai tellement douillé ma race qu’on m’a collé la péridurale à seulement 1 cm d’ouverture du col. C’était magique, je me suis tellement éclatée avec le self-service anesthésiant qu’il a ensuite fallu attendre deux heures pour que je retrouve un brin de sensibilité au niveau de mon utérus. Et quand est arrivé le moment des poussées finales, j’étais tellement rincée qu’il a fallu aller chercher les forceps.

Voilà.

J’ai un fils.

PS : Bolu (qui porte désormais un vrai prénom) pèse 2,7 kilos (je sais que c’est important pour Miliette).

Moi, j’aime profiter.

22 Déc

On aurait presque failli s’emmerder, dans la fin de cette grossesse. Dieu merci, j’ai l’acide biliaire farceur.

C’est donc désormais à la maternité, service des grossesses patho, que je vais profiter jusqu’à nouvel ordre. On refait un bilan dans la semaine et on avise de ce que l’on fait du Bolu. Dans le doute, on m’a demandé de venir avec ses affaires.

On n’a pas fini de profiter, tu vas voir.

Profitons bien de la cholestase…

17 Déc

Moi et les gens de la maternité, la dernière fois qu’on s’est parlé, nous n’étions pas trop d’accord sur leur définition de la cholestase gravidique et sur l’alerte rouge qui avait été lancée quant à mon cas. C’est-à-dire que j’avais trouvé qu’ils se faisaient une montagne de pas-grand-chose, que de 6 à 9, y’avait pas mort d’homme et que si je revenais à la maternité pour un contrôle ce matin, c’était juste pour leur prouver qu’ils avaient tort et que MOI j’avais raison.

Bah en fait j’avais tort.

C’est une cholestase. Mon taux d’acides biliaires continue de grimper tranquillement alors même que je suis sous traitement pour le faire baisser (c’est la partie la plus LOLILOL de mon histoire) (ce n’est pourtant pas la première fois que mon organisme manifeste une résistance aux traitements, ça m’avait fait la même chose avec les médocs pour la phlébite).

Il a fallu que je me rende à l’évidence. Ca pue pour le Bolu et/ou ça pue pour mon foie.

La sage-femme de ce matin a été A.D.O.R.A.B.L.E. : elle a bien entendu mon refus du déclenchement. Elle m’a donc suggéré en retour d’abandonner mon foie. Moi qui rêve de me mettre à l’envers à la Tequila, je ne sais que choisir…

Profitons dans la joie et dans la bonne humeur :-)

10 Déc

Je rentre à l’instant de la Clinique (enfin, pas exactement) (je suis passée acheter du chocolat avant de rentrer) (pis je suis allée à la pharmacie aussi).

Alors je te rassure de suite : il n’y a rien d’alarmant dans mes résultats. Je veux dire, moi qui suis pourtant d’un naturel tendu, il a fallu que j’explique à la maternité qu’ils devaient se R.E.L.A.X.E.R. parce que bon, un taux d’acide biliaire à 9 au lieu de 6, CE N’EST PAS LA FIN DU MONDE BOREAL DE MERDUM ET ON ARRÊTE DE STRESSER LES GENS POUR RIEN.

Les transaminases sont OK, seuls les acides biliaires sont LÉGÈREMENT au-dessus de la norme. Le prurit est en fin de vie (comprendre : ça ne gratte plus), je n’ai pas viré jaune fluo, donc tout va bien.

Je suis quand même bonne pour refaire une PDS la semaine prochaine (si tu es pauvre comme moi, évite la cholestase : les acides biliaires ne sont pas remboursés par la sécu, t’en as pour 30 boules à chaque fois), et un monito par la même occasion. En attendant : traitement de choc pour maîtriser les acides et zou.

Le Bolu, quant à lui, est dans une forme éclatante, il a passé 30 minutes à shooter dans les machins du monito (il déteste qu’on pose des choses sur mon ventre). Bref, nous survivrons finger in the noose.